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En Asie, la croissance des bénéfices au premier trimestre 2026 a été exceptionnelle, autour de 40 %, soit l'un des trimestres les plus dynamiques de ces dernières années, bien que très concentrée sur les valeurs liées à l'IA.

Après l'euphorie du mois d’avril, les marchés sont restés résilients en mai, les investisseurs continuant d'intégrer un scénario de désescalade géopolitique. Vers la fin du mois, des négociations sérieuses en vue d'un accord entre les États-Unis et l'Iran ont pris forme. Sans toutefois aboutir, les chances de mettre un terme au conflit semblant néanmoins relativement élevées.

Les prix du pétrole ont fortement reculé, le baril passant sous 100 dollars après être resté au-dessus de 110 dollars pendant une grande partie du mois. Le retour à des conditions plus « normales » sur les marchés de l'énergie dépendra du temps nécessaire pour rétablir pleinement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

L'espoir d'une sortie de crise énergétique a contribué à faire baisser les rendements obligataires, après la forte hausse enregistrée en début de mois. L'indice Bloomberg Global Aggregate a terminé le mois en légère hausse (0,3 %).

Dans ce contexte, les banques centrales pourraient être amenées à revoir leur trajectoire et devraient rester prudentes face au risque d'une hausse durable des prix du pétrole. Même si le conflit devait se terminer rapidement, les prix du pétrole devraient rester au-dessus des niveaux d'avant-crise pendant un certain temps, l'offre mettant plusieurs mois à se rétablir pleinement et les perturbations logistiques pouvant persister.

Les données macroéconomiques ont témoigné d'une certaine résilience de l'économie mondiale et, jusqu'à présent, le choc énergétique semble avoir eu un impact limité. La saison de publication des résultats a confirmé une forte croissance des bénéfices aux États-Unis et en Asie, ainsi que des résultats positifs en Europe.

Les fondamentaux positifs ont soutenu les marchés actions, dont la volatilité est restée faible malgré un contexte géopolitique incertain. Les marchés obligataires ont en revanche été plus volatils, les taux ayant réagi rapidement aux évolutions de la situation géopolitique et aux anticipations d'inflation qui en ont découlé.

Les actions ont de nouveau enregistré un mois positif. Les valeurs de croissance (+7,0 %) ont continué de surperformer les valeurs sous-évaluées (« value ») (+2,3 %). Les marchés développés ont poursuivi leur progression et ont clôturé le mois en hausse (+4,6 %), tandis que les marchés émergents ont surperformé les autres classes d'actifs (+9,7 %), portés par des performances exceptionnelles de la Corée du Sud et de Taïwan. Ces marchés ont continué de bénéficier de leur positionnement dans la chaîne d'approvisionnement de l'IA et d'une demande d'investissement tirée par les hyperscalers.

Les matières premières ont terminé le mois en repli (-3,6 %), pénalisées principalement par l’énergie et les métaux précieux, tandis que l’indice du dollar américain a légèrement progressé (+0,3 %).

Actions

La période de publication des résultats du premier trimestre s’est achevée en mai sur une note clairement positive.

Aux États-Unis, les bénéfices ont augmenté de 30 % en glissement annuel, principalement portés par le secteur technologique. Même si l’on exclut la technologie, la croissance des bénéfices a été généralisée autour de 20 %. Dans ce contexte, le S&P 500 a progressé de +5,3 % sur le mois, la technologie se hissant en tête des secteurs (+15,6 %). Les investisseurs se sont toutefois montrés plus sélectifs au sein des « Sept Magnifiques ». Nvidia s’est de nouveau distingué, continuant à bénéficier de la forte demande en semi-conducteurs de pointe. À l’inverse, le sentiment envers Meta, Google et Microsoft est resté plus mesuré, les perspectives de leurs activités dans l’IA et le retour sur investissement de leurs dépenses d’investissement massives restant incertains.

En Asie, la croissance des bénéfices au premier trimestre 2026 a été exceptionnelle, autour de 40 %. Il s’agit de l’un des trimestres les plus solides de ces dernières années, même si cette performance est restée très concentrée sur la technologie et les semi-conducteurs. Certains investisseurs voient dans les valeurs technologiques asiatiques un moyen d’accroître leur exposition à la thématique IA, à des valorisations plus attractives que celles des grands groupes technologiques américains. Les marchés émergents ont prolongé leur dynamique (+9,7 %), portés par la Corée du Sud (33 %) et Taïwan (14 %), qui ont de nouveau enregistré un mois exceptionnel.

En Europe, la croissance des bénéfices est restée plus modérée (autour de 5 %), mais plus de 60 % des entreprises ont dépassé les prévisions, au-delà de la moyenne historique. Côté macroéconomie, la zone euro a toutefois envoyé des signaux plus faibles : le PMI composite est tombé à son plus bas niveau depuis fin 2023, confirmant le ralentissement de la croissance. La confiance des consommateurs s’est légèrement améliorée en mai, mais est restée inférieure à ses moyennes historiques, suggérant une consommation atone. Dans ce contexte, les actions européennes ont intégré les risques liés au Moyen-Orient, mais ont clôturé le mois en hausse (+4,1 %), dans l’attente d’un accord visant à mettre fin au conflit.

La croissance du PIB japonais au premier trimestre a dépassé les attentes (+2,1 % d’un trimestre à l’autre), principalement portée par la consommation. Les exportations et l’investissement public ont également été solides (+5,7 %), soutenus par des politiques de relance sous l’impulsion du nouveau Premier ministre. Ces données ont soutenu les actions japonaises, qui ont enregistré un nouveau mois de hausse (+6,2 %).

En Chine, l’inflation a augmenté en avril (+1,2 % en glissement annuel), principalement en raison de la hausse du pétrole et d’autres biens de consommation, malgré le recul des prix alimentaires. Les indicateurs cycliques sont toutefois restés décevants : les ventes au détail ont de nouveau reculé et la production industrielle a enregistré sa plus forte baisse mensuelle en trois ans. Du côté du commerce extérieur, la dynamique apparaît plus limitée et plus concentrée. La faiblesse de la demande intérieure a par ailleurs relancé le débat sur un soutien budgétaire supplémentaire, afin de limiter le risque de ralentissement de la croissance au deuxième trimestre 2026. Dans ce contexte, l’indice CSI 300 a progressé (+3,0 %), porté notamment par les actions de catégorie A, quand l’indice MSCI China, lui, a reculé (-2,8 %).

Marché obligataire

Les marchés obligataires ont été volatils, reflétant l’incertitude quant à l’impact du conflit au Moyen-Orient sur la croissance et l’inflation.

Les données d’inflation (IPC) ont confirmé la montée des pressions inflationnistes dans l’économie mondiale. Aux États-Unis, l’IPC d’avril a progressé de 3,8 % en glissement annuel, dépassant les attentes et marquant le rythme le plus rapide depuis début 2023. L'IPC sous-jacent a progressé de 2,8 % en glissement annuel, en raison notamment d'un rebond des prix liés au logement.

En Europe, l'inflation a accéléré à 3,0 % en glissement annuel, portée par les prix de l'énergie, en particulier les carburants automobiles. L'inflation sous-jacente s'est repliée à 2,2 % en glissement annuel, en partie sous l'effet d'un ralentissement de l'inflation dans les services. Pâques tombant plus tôt en 2026, une partie de l'inflation liée aux voyages a été avancée au mois de mars.

Au Royaume-Uni, les résultats des élections régionales et l'affaiblissement du Parti travailliste ont alimenté les spéculations sur un changement politique, accentuant les incertitudes autour de la politique budgétaire et de la dette publique. Les Gilts ont néanmoins surperformé les marchés obligataires souverains mondiaux, l'inflation britannique étant ressortie en dessous des attentes tandis que la détérioration du marché du travail a pesé sur les rendements en fin de mois.

Malgré les récentes avancées dans les négociations américano-iraniennes, les banques centrales pourraient privilégier la prudence, avant d'obtenir davantage de visibilité quant à la réouverture du détroit d'Ormuz et la durabilité du recul des prix du pétrole. Dans ce contexte, la Réserve fédérale devrait être attentiste jusqu'à ce que les perspectives se précisent, la prochaine baisse de taux pouvant intervenir vers la fin 2026 ou en 2027.

Une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en juin reste probable, afin d'ancrer les anticipations d'inflation.

L'indice Bloomberg Global Aggregate a clôturé le mois en légère hausse (0,3 %), dans un contexte de forte volatilité en cours de mois. Les obligations européennes ont affiché des rendements positifs, portées par une forte baisse des taux dans l'attente d'un accord imminent au Moyen-Orient.

Les marchés du crédit ont été soutenus par des fondamentaux d'entreprises solides, atténuant les risques liés à la crise énergétique. Les obligations à haut rendement en euro se sont distinguées, en hausse de 1,0 % sur le mois. Les obligations des marchés émergents ont également affiché de bonnes performances, avec un gain de 0,8 % en mai.

Conclusion

La perspective d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les anticipations de réouverture du détroit d’Ormuz, marquent une amélioration du contexte géopolitique. L'attention pourrait désormais se focaliser sur le calendrier des négociations de paix. Plus le trafic maritime retrouvera son niveau habituel, plus les effets économiques du choc énergétique devraient être contenus.

Cette normalisation est favorable aussi bien aux actions qu'aux obligations. Les marchés actions se sont toutefois montrés particulièrement optimistes tout au long de la crise au Moyen-Orient, portés par des fondamentaux solides, et ont peut-être déjà en partie intégré une issue favorable du conflit. En revanche, les obligations pourraient davantage bénéficier de l'assouplissement des anticipations d'inflation.

À mesure que la situation se normalise, certains thèmes dominants en début d'année pourraient revenir au premier plan, notamment la nécessité de diversifier vers les marchés hors États-Unis (en particulier l'Europe et les marchés émergents), ainsi que la remise en question du statut de valeur refuge du dollar américain.

Dans un environnement qui reste incertain, les portefeuilles bien diversifiés, couvrant différentes zones géographiques et classes d'actifs, restent la stratégie la plus robuste pour faire face à de potentiels regains de volatilité.

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