Lors de la réunion du FOMC d’avril, qui était également la dernière de Jerome Powell en tant que président de la Réserve fédérale, le comité a voté le maintien de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à 3,50 %-3,75 %. Le communiqué a reconnu le choc pétrolier lié au Moyen-Orient, contribuant à une inflation élevée et à une incertitude accrue. Par ailleurs, l’orientation accommodante de la politique monétaire a été maintenue dans la communication, mais non sans opposition. Quatre membres ont exprimé leur désaccord : Miran, une nouvelle fois, a voté pour une baisse de taux de 0,25 %, tandis que Hammack, Kashkari et Logan ont soutenu le statu quo sur les taux mais se sont opposés au maintien du biais accommodant, estimant que le contexte inflationniste ne le justifie plus.
Lors de la conférence de presse, Powell a été transparent sur son avenir au sein du FOMC et a confirmé qu’il resterait membre du Conseil après la fin de son mandat de président le 15 mai, pour une durée « à déterminer ». Il a expliqué cette décision par les attaques juridiques en cours de l’administration contre la Réserve fédérale. Il s’est engagé à rester discret, à soutenir le nouveau président Kevin Warsh dans la préservation de l’indépendance de la Fed, et à éviter toute dynamique de « président de l’ombre ».
Dans l’ensemble, étant donné que Powell restera membre du comité en tant que gouverneur, on suppose que Warsh aura un impact limité sur le fonctionnement de la Fed et sur l’orientation future de la politique monétaire. Bien que cette hypothèse soit raisonnable, Warsh a signalé des changements profonds dans le mode de fonctionnement de la Fed qui ne nécessiteraient pas l’approbation du Congrès, ce qui pourrait modifier la façon dont les marchés évaluent la Fed :
- Retrait de la « forward guidance » et réduction de la fréquence des communications
- Ancrage sur des mesures d’inflation « trimmed » (hors extrêmes) et moins sur les prévisions
- Réduction de la taille du bilan
- Empreinte réglementaire réduite
- Préserver l’indépendance de la Fed en privilégiant la discipline face à l’inflation
Pour les investisseurs, la Fed devrait maintenir le statu quo à court terme malgré l’arrivée du nouveau président, compte tenu de la stabilité du taux de chômage et de l’éloignement de l’inflation par rapport à sa cible. Cependant, le type de communication (communiqué, dot plot, etc.) et sa fréquence pourraient changer plus rapidement sous Warsh.
Dans l’ensemble, la division du vote 8-4 reflète un manque de cohésion au sein de la Fed dans un contexte d’incertitude élevée, et cette situation pourrait s’aggraver lorsque Warsh remplacera Powell. Nous continuons de soutenir le biais accommodant de la Fed, car les chocs d’offre sont généralement de courte durée ; toutefois, les rendements ont augmenté, il est donc important pour les investisseurs de diversifier leurs portefeuilles avec des obligations de qualité offrant des rendements attractifs, des actions à croissance bénéficiaire résiliente, des actifs internationaux ainsi qu’un large panier de matières premières et d’actifs réels.
By Jordan Jackson - 30 avr. 2026
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