La prochaine mesure la plus probable reste une baisse des taux, mais il a été suggéré que celle-ci est peu probable tant qu’il ne sera pas plus évident que les effets inflationnistes des droits de douane seront temporaires.
Lors de sa première réunion de 2026, le Federal Open Market Committee (FOMC) a voté le maintien du taux des fonds fédéraux dans une fourchette cible de 3,50 % à 3,75 %. Deux membres se sont opposés à cette décision : les gouverneurs Miran et Waller ont voté en faveur d’une baisse de taux de 25 points de base. Le mandat du gouverneur Miran au sein du Board of Governors doit s’achever ce samedi, bien qu’il soit probable qu’il reste en poste jusqu’à la sopération d’un remplaçant confirmé par le Sénat. Quatre nouveaux présidents de Reserve Bank ont rejoint le FOMC lors de cette réunion, dont la plupart ont récemment adopté une position plus restrictive.
Le nouveau communiqué s’est également montré plus « hawkish » :
- L’évaluation de l’activité économique récente a été relevée de « modérée » à « solide».
- Les créations d’emplois ont été qualifiées de faibles, mais le texte actualisé reconnaît que le taux de chômage « montre certains signes de stabilisation ».
- La mention selon laquelle « les risques baissiers sur l’emploi ont augmenté ces derniers mois » a été retirée de la section sur l’équilibre des risques liés au double mandat du Comité.
- La section sur les réserves et le bilan a également été supprimée.
Lors de la conférence de presse, le président Powell a été interrogé sur les récentes tensions avec l’administration, son avenir à la Fed et les implications pour l’indépendance de la banque centrale. Il a éludé ces questions, mais a ensuite affirmé qu’il était confiant dans la capacité de la Fed à préserver son indépendance. Par ailleurs, il a indiqué que la prochaine mesure la plus probable reste une baisse des taux, tout en suggérant que celle-ci est peu probable tant qu’il ne sera pas plus évident que les effets inflationnistes des droits de douane seront temporaires. À plusieurs reprises, Powell a évoqué l’amélioration des perspectives de croissance grâce à des conditions financières plus favorables et à l’arrivée d’un nouveau stimulus budgétaire.
Selon notre analyse, la Réserve fédérale est bien positionnée pour maintenir le statu quo au moins jusqu’au premier semestre 2026. Les changements dans le langage du communiqué laissent entendre que le Comité considère que les défis liés à ses mandats d’inflation et d’emploi sont équilibrés et que la politique actuelle est proche de la neutralité. À notre avis, l’inflation pourrait s’accélérer et atteindre un pic vers le milieu de 2026, le stimulus budgétaire soutenant la consommation et permettant un nouveau transfert des coûts des droits de douane. Ce stimulus pourrait également soutenir temporairement l’embauche. Cela, combiné à une faible croissance de l’offre de travail, devrait maintenir le taux de chômage sous contrôle. Dans ce contexte, le FOMC devrait conserver sa politique actuelle tant que l’équilibre des risques, tel que reflété par les données économiques, ne penche pas clairement d’un côté ou de l’autre de son double mandat.
Les marchés anticipent actuellement une baisse de taux complète, avec 83 % de probabilité pour une seconde d’ici la fin de l’année, ce qui semble approprié. Cependant, si des décisions de la Cour suprême réduisent les droits de douane et qu’une majorité démocrate à la Chambre des représentants en novembre empêche tout nouveau stimulus budgétaire, la croissance et l’inflation pourraient tomber sous les 2 % d’ici la fin de l’année. Cela ouvrirait la voie à un nouvel assouplissement en 2027.