Bien que les baisses de taux d’intérêt créent généralement des conditions favorables pour les actifs alternatifs, la direction des taux ne devrait pas être la seule raison d’investir.
En septembre, la Réserve fédérale a abaissé les taux d’intérêt de 25 points de base et a signalé la reprise d’un cycle de baisse des taux, interrompu depuis décembre dernier. Les marchés anticipent quatre nouvelles baisses des taux à court terme au cours de l’année à venir. Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs en actifs alternatifs ?
Des taux d’intérêt plus bas ont tendance à être positifs pour les actifs risqués, car les investisseurs sont incités à se détourner des actifs à faible rendement comme la trésorerie. Cependant, chaque classe d’actifs entretient une relation différente avec les taux.
Il est également important de noter que, si les taux à court terme diminuent, les taux à long terme ne suivent pas nécessairement la même trajectoire. L’extrémité longue de la courbe des taux est influencée par des facteurs tels que les préoccupations liées à l’inflation et à l’augmentation constante de la dette nationale. De nombreuses stratégies alternatives utilisent un mélange de financements à court et à long terme, ce qui rend leurs corrélations aux taux d’intérêt plus nuancées. Dans ce contexte, le bénéfice de portefeuille lié à la faible corrélation des actifs alternatifs avec les marchés publics est particulièrement précieux.
Pour le « private equity », un financement moins coûteux peut constituer un avantage significatif, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un environnement économique toujours orienté vers la croissance. Des coûts d’emprunt plus faibles permettent aux fonds de rachat d’utiliser davantage (et à moindre coût) l’effet de levier dans leurs acquisitions, ce qui peut potentiellement améliorer les rendements. Cet environnement favorise une augmentation du flux de transactions et des opérations de M&A.
Le capital-risque bénéficie également de la baisse des taux, bien que de manière indirecte. Des taux à court terme plus bas peuvent stimuler la demande dans l’ensemble de l’économie, soutenant ainsi les perspectives de croissance des entreprises soutenues par le capital-risque. Si les taux à long terme baissent également, les investissements en capital-risque — qui sont valorisés sur la base de flux de trésorerie actualisés sur de longues périodes — peuvent gagner en valeur.
Le crédit privé, composé principalement de dettes à taux variable, est directement sensible aux baisses de taux. En l’absence de détérioration du contexte économique, les rendements pourraient baisser en même temps que les taux directeurs. Cependant, le crédit privé offre des primes par rapport à la dette publique et reste donc attractif en termes de valeur relative. Par ailleurs, les emprunteurs bénéficient d’un allègement, ce qui réduit les risques de défaut.
Les actifs réels, caractérisés par des flux de trésorerie stables et de longue durée, sont moins sensibles aux taux à court terme. Toutefois, l’immobilier et les infrastructures offrent un avantage supplémentaire dans cet environnement : la couverture contre l’inflation. Des taux plus bas et des politiques budgétaires stimulantes peuvent provoquer de l’inflation. Les loyers immobiliers et les revenus d’infrastructure peuvent croître en ligne avec l’inflation. Cette capacité des actifs réels à protéger contre l’érosion du pouvoir d’achat, ainsi que leur faible corrélation avec les marchés publics, est précieuse dans un contexte de croissance ralentie et d’inflation élevée. Si les taux à long terme baissent également, cela pourrait soutenir davantage l’immobilier, d’autant plus que les volumes de construction ont diminué, accentuant les contraintes d’offre sur le marché.
Les hedge funds présentent une relation plus nuancée avec les taux d’intérêt. La volatilité inhérente à un cycle de baisse des taux incertain crée des opportunités accrues de génération d’alpha. Les gestionnaires expérimentés peuvent tirer parti des opportunités d’arbitrage sur les différents marchés. Un financement moins cher peut aider certaines stratégies, mais cet avantage peut être compensé par la baisse des intérêts sur la trésorerie déposée en marge ou sur les produits des ventes à découvert.
Bien que les baisses de taux d’intérêt créent généralement des conditions favorables pour les actifs alternatifs, la direction des taux ne devrait pas être la seule raison d’investir. Les investisseurs doivent rester concentrés sur des facteurs fondamentaux tels que la sélection des gestionnaires, la différenciation des stratégies et les objectifs qu’ils souhaitent atteindre.