Outre une composition sectorielle souvent orientée vers la technologie, le capital-investissement permet de mettre en œuvre différentes stratégies visant à accélérer la croissance.
Historiquement, les actions de petites capitalisations ont été privilégiées pour dynamiser les rendements et offrir une exposition à des entreprises à forte croissance, susceptibles de rejoindre un jour les grandes capitalisations. Cependant, l’univers des petites capitalisations d’aujourd’hui diffère sensiblement de celui des années précédentes. Désormais, 46 % des sociétés composant l’indice Russell 2000 sont non rentables, soit une évolution marquée par rapport à la moyenne de 27 % observée avant la crise financière mondiale.
Deux tendances structurelles expliquent cette évolution. Premièrement, le financement par capital-investissement permet aux jeunes entreprises de rester privées plus longtemps, atteignant souvent une taille de moyenne à grande capitalisation avant leur introduction en bourse. Deuxièmement, les coûts réglementaires élevés et la surveillance accrue des marchés publics pèsent particulièrement sur les petits émetteurs. Cette combinaison a contribué à réduire à la fois la qualité et le nombre d’entreprises présentes dans l’univers des petites capitalisations.
La transformation de l’univers des petites capitalisations
La croissance du capital-investissement, avec 2,4 billions de dollars de « dry powder » disponibles pour être déployés en 2025, permet aux entreprises innovantes de financer l’ensemble de leur croissance sans jamais avoir à sonner la cloche d’ouverture d’une bourse.
Les entreprises qui choisissent de s’introduire en bourse le font désormais à un stade plus avancé de leur développement. Le délai médian avant une introduction en bourse est passé de cinq ans en 2000 à quatorze ans aujourd’hui, certaines des sociétés les plus attractives entrant directement dans leur stade de grande capitalisation.
Ces facteurs expliquent en partie pourquoi les indices de petites capitalisations n’ont pas répondu aux attentes de croissance supérieure par rapport aux grandes capitalisations. Depuis 2010, la croissance moyenne du chiffre d’affaires des petites capitalisations américaines n’a pas dépassé celle des grandes capitalisations.
Parallèlement, la composition sectorielle s’est éloignée des secteurs de croissance : la technologie et les communications représentent désormais une part moindre des indices de petites capitalisations par rapport à leurs homologues de grandes capitalisations.
Où la croissance est-elle partie?
Si l’objectif est de s’exposer à des entreprises plus petites et à forte croissance, où cette croissance est-elle générée et captée aujourd’hui ? De plus en plus, sur les marchés privés. On recense désormais 795 « unicorns » — des entreprises privées valorisées à plus d’un milliard de dollars — contre seulement 100 en 2015.
Au-delà d’une composition sectorielle souvent orientée vers la technologie, le capital-investissement permet de mettre en œuvre différentes stratégies pour stimuler la croissance. Les équipes de direction sont incitées à délivrer des performances sur des horizons de long terme, en exécutant généralement leurs plans sur des périodes de détention de 5 à 7 ans. Cela les pousse à se concentrer sur l’avenir, tout en leur permettant d’agir rapidement lorsque la situation l’exige.
Face aux défis liés aux droits de douane et à la main-d’œuvre, cette flexibilité s’avère précieuse, non seulement pour soutenir la croissance, mais aussi pour préserver la rentabilité. Les équipes dirigeantes peuvent opérer des virages stratégiques majeurs — céder des divisions sous performantes ou restructurer complètement les opérations — sans la pression des résultats trimestriels.
L’importance de rester actif
Cela ne signifie pas que les petites capitalisations sont devenues obsolètes. En revanche, les investisseurs pourraient devoir faire preuve de plus de discernement. La dispersion au sein des indices de petites capitalisations atteint des niveaux proches des records historiques, ce qui plaide fortement en faveur d’une gestion active plutôt que passive.
Les investisseurs apprécient l’accessibilité des actions de petites capitalisations. Toutefois, l’émergence de structures de fonds de capital-investissement avec des seuils d’investissement plus bas a contribué à rééquilibrer les opportunités. À mesure que les allocataires réévaluent leur exposition aux actions de croissance, une allocation à des stratégies de capital-investissement soigneusement sélectionnées pourrait offrir des rendements ajustés au risque supérieurs, tout en captant le dynamisme qui caractérisait autrefois l’investissement dans les petites capitalisations.